It’s so nice to have you back where you belong.

Tu sais. Tu sais j’étouffe un peu. J’étouffe un peu de cette vie qui ne correspond en rien à ce dont j’avais envie. Mes rêves existent, ils sont bien là et le bonheur est en tête de liste. Le bonheur, ce petit salaud que je n’ai connu que par intermittences, les dernières étant avec toi.

Ce petit salaud, oui. Tu sais j’ai peur d’aimer, j’ai peur d’aimer à nouveau un peu trop, un peu trop mal, un peu trop grand, un peu trop fort. L’unique place de mon lit est occupée par mon corps mais mon âme, mon esprit et mes pensées sont ailleurs. Je ne pense qu’à changer de vie, à tout plaquer et à tout recommencer. 22 ans, n’est-ce pas le bon âge? L’âge où tout est permis? Il est permis de rêver. A mes 20 ans on me disait que mon année passerait aussi vite qu’un sourire. J’ai l’impression que c’était hier et pourtant, c’était il y a bientôt deux ans. Bien sûr que je te regrette, bien sûr que je pense à toi. Mais maintenant je veux aimer, rire, découvrir, accomplir, réussir. M’en aller sur ces bateaux de papier, au gré du vent, au gré des sentiments.

A years and some hours to remember you.

En réalité, que cherchions nous? Verre après verre ta langue se déliait, ta langue courait sur les routes sinueuses de tes relations sentimentales, de tes rêves et de tes échecs. Que cherchions nous vraiment? A être comme les autres? A nous fondre dans la masse? Avions-nous peur d’être différents? Avions-nous peur de sortir de la norme. Nous aurions sans doute du nous retirer, vivre loin mais vivre heureux. Tes yeux brillaient doucement sous les étoiles cet été là. Maintenant tu n’es plus là. La vie nous a séparés, ou alors nous nous sommes séparés nous-même. Nous avons pris des directions différentes, de plein gré.

Maintenant plus rien n’est comme avant. Ta voix rauque résonne sur la terrasse, dans le silence de cette nouvelle nuit d’été. Un an que tu étais partie, aucune nouvelle, rien. Aucun coup de fil, aucune carte, aucun e-mail. Tu étais devenue un fantôme et tu es réapparue ce soir, fraiche comme une rose, desséchée à l’intérieur. Tu es réapparue sur mon pas de porte, ton sac sur l’épaule et ton sourire en bandoulière. Tes yeux hurlaient la solitude alors je t’ai laissée entrer. Tes yeux. Combien de fois est-ce que j’y avais plongé les miens? Je ne sais pas. Tu sais, ces soirées interminables où l’on rêvait tout haut de choses impossibles, tu sais tous ces rêves inaccessibles. Tu sais toutes ces choses. Aujourd’hui, plus rien n’est comme avant. Tu m’as manqué à m’en arracher le coeur. Alors j’ai jeté l’encre. J’ai jeté l’encre pour éponger ma peine. J’ai rempli des dizaines de feuilles de papier pour m’ancrer ailleurs. J’ai déversé ton absences, mes questions, mes pseudos réponses et mes hésitations sur ces feuilles. Et un jour j’ai arrêté, je m’en suis rendu à l’évidence : tu n’étais plus là et il fallait faire avec.

Je me suis assis en face de toi et je regardais ton doigt jouer avec tes cheveux bouclés. Le soleil les avait encore un peu plus éclaircis, comme s’ils avaient besoin de ça pour resplendir. Te dire que tu m’avais manqué aurait été ridicule face à tout ce que nous avions vécu en 365 jours loin l’un de l’autre. Alors je préférais t’écouter. Et tu avais toujours ce tic, de mordre ta lèvre inférieure quand tu ne trouvais pas tes mots. A l’alcool de l’année précédente tu avais ajouté la cigarette, comme une évidence. Comme une vérité générale, une marche de plus pour devenir comme… Comme tout le monde? Oui, peut-être. Tu riais, tu t’arrêtais, tu hésitais. Tu récitais ta vie et je suivais d’une oreille attentive. L’odeur de sel marin m’irritait mais tu avais l’air bien, blottie entre les coussins sur le fauteuil en rotin. Alors nous sommes restés là jusqu’à la fin de la nuit. Et quand le jour s’est levé tu n’étais plus là. Quelques mégots, un papier de chewing-gum et un bouchon de bouteille. Voilà tout ce qu’il restait de toi, un an et un jour après ton premier départ.

Someone like me.

Ca ne sert à rien, la vie pour soi, tout seul. Ca ne sert à rien ce genre d’émotions. Et encore, les vit-on vraiment à fond, puisque l’on n’a personne avec qui les partager. Hello there, the angel from my nightmare.  Ici parfois c’est la solitude et le bruit assourdissant du silence. Alors quand mon coeur s’emballe je me dis qu’il y aura de meilleurs jours, des jours plus beaux, plus forts, plus grands. Je me dis que rien n’est impossible, parce qu’en effet, rien ne l’est. J’essaye de regarder devant, parfois je voudrais baisser les yeux, les bras, tout. Mais non, je me refuse à me laisser mourir. C’est fini tout ça, c’est fini.

Tu vois, c’est dur de tourner la page. Au détour d’un égarement de mon coeur, parfois, je me perds encore au creux de tes bras. Et pourtant, j’ai tout abandonné derrière moi avec cette volonté inébranlable de ne plus laisser mon coeur tout diriger, mais de laisser les commandes à ma raison, par moments. C’est dur pour moi, pour chacun de nous. That’s only life. Tu étais mon plus beau combat, mes plus belles victoires et mes espoirs inébranlables. Sometimes, I can hear your voice, so close to me. Mais maintenant, la vie a décidé qu’il en serait autrement.

J’attends. J’attends la vie.

Who’s this man baby?

If you really wanna go, leave nothing behind.

C’est ce que j’ai fait, je n’ai rien laissé derrière moi. Les murs rouges, rouge sang, rouge passion. La guitare rouge, rouge passion. Don’t forget all your clothes. Tout ça me sauve un peu la vie, me maintient à la surface, me fait respirer. A l’intérieur, il y a de la place pour trois, mais je suis seul.

Close my eyes, open my mind.

Et aujourd’hui les choses sont devenues à nouveau un peu plus possibles, un peu plus réalisables. Les pas hésitants sont aujourd’hui un peu plus solides. Les doutes s’envolent peu à peu et je souris doucement aux choses qui s’ouvrent devant moi. Je n’ai pas peur mais je suis impatient. Je regarde l’avenir les yeux brillants et je croque à pleines dents chaque jour qui s’ouvre à moi. J’ai une masse de questions et j’attends les réponses. J’attends les portes qui s’ouvrent et celles qui vont se fermer. Ma vie va changer en 2010, j’en suis intimement persuadé.

J’ai vu le jour me lever à bout de bras.

La pluie s’abat sans discontinuer sur le velux en face de moi, l’ambiance est grise et pourtant il n’y a jamais eu autant d’espoir dans l’air. Si un jour vos vieux démons vous assaillent, fermez les yeux très forts. Regardez vos erreurs, vos regrets, vos fautes et vos défaites. Tout est derrière vous. Rouvrez les yeux. La vie est là, ici, devant vous. Derrière, c’est le passé. Tout est possible, tout est réalisable. Chaque jour, prenez les armes et battez vous. Il n’y a rien de plus précieux que vous et vos projets. Une année se finit, une autre s’ouvre, celle où tout est possible. Pourquoi remettre à demain ce que nous pourrions commencer aujourd’hui? La vie est devant, à nous d’avancer.

We had a promise made, we were in love. - Heartbeats – José Gonzalez

Le froid glacial de l’hiver est bel et bien là, bel et bien présent et la chaleur du soleil n’est pas prête de revenir. Il reste à attendre des jours meilleurs. Maintenant, place aux derniers chocolats, aux mandarines, aux premiers flocons de neige. Bilan et objectifs, sourires et déceptions. José Gonzalez résonne au creux de ma poitrine, les regrets et les souvenirs amères me transpercent doucement. Pleurer un bon coup, jusqu’à dessécher tout au fond de soi, se relever tremblant. Tremblant oui, mais se relever. Se relever et repartir de plus belle. Ne plus se retourner, ne plus regretter, ne plus regarder en arrière. Aller de l’avant, pour vivre. Vivre une bonne fois pour toute, faire des choses folles mais se sentir vivant, bel et bien vivant. Une bonne fois pour toute, également.

The mixed tape.

Et puis j’ai serré les dents. J’étais en colère. Un peu contre eux, beaucoup contre moi. C’est comme ça maintenant et même s’il faut accepter, c’est toujours difficile. Il y a toujours quelque chose qui m’y ramène et je ne suis pas sûr que quelqu’un puisse comprendre. C’est ainsi maintenant. Les années noires, celles qui sont passées et celles qui viendront peut-être. Les années noires oui. Les dents serrées et la colère qui ronronne tout au fond.

Mind is a razor blade.

Les remords. Les regrets. Qu’importe. Le pull rayé et les petites déchirures. Les yeux qui se noient. Sharing different heart beats. Aujourd’hui encore je me demande comment est-ce que, finalement, la vie a pu m’amener jusque là et me faire passer par les chemins que j’ai empreintés. L’assiette trône toujours sur ma commode. Le froid s’installe, mordant, intraitable. Le froid endort le monde extérieur. La nuit nous enveloppe doucement. Son grand manteau d’ombre se pose doucement sur mes épaules et je crois qu’il finit par pénétrer profondément. C’est bien plus qu’une rupture ordinaire. C’est là mienne, c’est mon histoire, ça fait partie de ma vie.

Message personnel

Je me rappelles que tu m’avais dit n’avoir jamais été aussi heureuse. J’avais pensé naïvement que c’était grâce à moi, simplement. Et puis au fil des jours j’ai compris que non. C’était tombé comme ça, petit à petit. Mais c’était devenu tellement évident qu’il aurait fallu être aveugle pour ne pas s’en rendre compte. Tu rentrais tard, tu partais tôt et le matin le petit mot d’amour avait disparu. Progressivement. Le « Passe une bonne journée mon amour. A ce soir. Je t’aime»  avait laissé sa place au simple « je t’aime»  puis au glacial « à ce soir» . La première fois j’avais pensé que le petit mot s’était envolé. J’étais si naïf que je ne pensais même pas que tu avais pu ne rien écrire. Je me rappelle que tu coinçais le petit mot sous mon verre de jus d’orange, à gauche du bol Mickey que tu m’avais offert à notre première sortie, à DisneyLand. Et puis le lendemain le petit mot était toujours aux abonnés absent. Alors ce que j’avais nié au plus profond de moi, le petit combat de l’ange et du démon sur chacune de mes épaules avait vu son vainqueur. Lorsque tu es rentrée, un peu trop tard, un peu trop deshabillée et un peu trop ivre tu as cru à une blague de ma part. Tu t’es effondrée sur le canapé, tu avais une mauvaise mine et tu sentais la cigarette. Je me rappelle avoir attrapé les deux coussins bleux pâle du canapé, les avoir passés sous ta tête puis t’avoir bordée. Après celà j’ai passé la nuit à te regarder dormir. Pour m’imprégner une dernière fois de toi ou peut-être simplement pour te donner une seconde chance. De te réveiller et de me hurler que tu étais heureuse avec moi. Malgré ta voix enrouée et tes cheveux en bataille, je ne demandais rien d’autre. A la place j’ai eu droit à ton souffle régulier qui faisait se soulever doucement la couverture. Alors le lendemain je suis parti. J’ai ouvert la porte, posé mes clés dans l’entrée puis ai refermé doucement la porte. La serrure a brisé le silence du matin en émettant un léger bruit, puis tout est redevenu comme avant. Et c’est à partir de ce moment là que tu t’es rendue compte que tu m’aimais, plus que tu ne l’aurais pensé. C’était dans mon absence que tu avais le plus besoin de ma présence, et dans ma présence que tu souhaitais le plus mon absence. Ca n’était pas comme ça que ça marchait. Malheureusement.